Réunion publique de soutien à la candidature de J.-L. Mélenchon à Toulouse

  • Myriam Martin (Porte Parole de Ensemble et Conseillere regionale Front de gauche en Occitanie)
  • Patrice Cohen-Seat (Ancien dirigeant du PCF et President d’honneur d’Espace Marx)
  • Patrick Farbiaz (Membre du conseil fédéral d’EELV, cofondateur de la coopérative politique Ecologie sociale, signataire de l’appel des écologistes qui ont refusé le ralliement de Jadot a Hamon et qui appellent à voter JL Melenchon.
  • Fred Borras Responsable Ensemble.

Chaque invité fait une courte intervention et argumente sur les raisons du soutient à la candidature de Jean Luc Melenchon… et le debat qui suit montre que beaucoup de participants, au delà des reserves eventuelles, relevent neanmoins que son programme est le seul qui propose une vraie rupture… meme si cette rupture peut effrayer, car elle suppose un engagement du plus grand nombre : femmes, hommes, jeunes moins jeunes etc.

Enfin le débat aborde la question des législatives et l’assemblée applaudit la proposition de candidatures uniques des forces de rassemblement ce qui suppose une volonté commune de se concerter et de se donner les moyens d’aboutir,

L’objectif étant bien évidemment de doter le pays d’élus convaincus et déterminés à défendre ensemble les intérêts du « peuple »… L’intérêt du plus grand nombre…

Une réaction au sujet de « Réunion publique de soutien à la candidature de J.-L. Mélenchon à Toulouse »

  1. patrick Farbiaz Réponse

    Les trois écologies

    La clarification s’opère peu à peu dans les rangs écologistes. Au delà des péripéties électorales de ce Mercato où les reclassements et les retournements de veste se font s’y rapidement que l’on a l’impression de ne plus rien y comprendre, l’horizon se dégage :
    Les écologistes ayant rejoint Emmanuel Macron se revendiquent clairement du capitalisme vert. Pour ce courant emmené par Corinne Lepage, Mathieu Orphelin de la FNH, François De Rugy et Dany Cohn Bendit, l’écologie se réduit à un environnementalisme de l’efficacité dynamisé par le marché. Ce courant a toujours existé et il est depuis longtemps théorisé par une grande partie des Grünen allemands qui ont cherché à se substituer au FDP, comme parti européo centriste  Comme l’a si bien indiqué un responsable des Grünen, Ralf Fücks, Président de la Fondation Heinrich Böll en septembre 2006 : « le capitalisme comme mode de production incarne parfaitement [sic] le principe de l’évolution » ; « Il est (…) probable que le mouvement écologiste sert avant tout de moteur d’innovation pour la constitution d’un capitalisme vert », « Ce que je propose ici est un pari ouvert. Un capitalisme vert, ou de manière plus sympathique, une économie de marché verte Ce serait un nouvel objectif pour les prochaines décennies. »
    La majorité des adhérents et sympathisants d’EELV, entrainé par Yannick Jadot et Cécile Duflot s’est prononcé pour Benoit Hamon. Voulant rejouer le énième épisode de la Gauche plurielle, ils ont pour la première fois depuis 1974, retiré le candidat de l’écologie politique à l’élection présidentielle pour rejoindre le candidat du PS jugé écolo compatible. En fait il y a une cohérence à cette position qui peut être qualifié de sociale écologie. Ce terme inventé par Laurent Fabius dans les années 90 a été théorisé par l’économiste Eloi Laurent. Il s’agit de réduire les inégalités écologiques par une politique volontariste qui rappelle la sociale démocratie des Trente glorieuses. Cette politique de régulation s’inscrit dans l’histoire de l’écologie politique depuis le XIXème siècle où le débat fit rage au Etats-unis autour du développement des parcs nationaux. Face à ceux qui voulaient les conserver dans l’état de nature primitive, il s’agissait de mettre en valeur les ressources forestières au service d e l’économie américaine en pleine croissance. Cette politique au fond rejoint celle des partisans du capitalisme Vert en introduisant cependant une politique de réformisme radical, compatible avec l’évolution du modèle capitaliste de développement.
    Le troisième courant s’affirme par son soutien à Jean Luc Mélenchon. Au delà de la personnalité du leader de la France Insoumise, l’écologie de transformation se rassemble incluant l’écologie sociale, l’écosocialisme et l’objection de croissance autour de quelques idées forces : inverser le modèle de développement en s’engageant dans une société de post croissance, mettre en cause le capitalisme mondialisé et la dictature de la finance. Ce courant représenté dans les années 70 par René Dumont le premier à se revendiquer d’une écologie socialiste avait progressivement disparu avec l’avènement des Verts qui avait connu une décennie dominée par le « ni droite ni gauche » d’Antoine Waechter et ensuite s’était progressivement donné à Dany Cohn-Bendit à travers l’option libérale libertaire de la troisième gauche verte et théorisée à l’époque â Zaki Laïdi, aujourd’hui un des principaux conseillers politiques de Manuel Vall.
    Ce qui a permis cette clarification c’est la mise en cause des trois dogmes verts de ces dernières décennies, la majorité culturelle, le peuple de l’écologie et l’autonomie des écologistes. Ces trois concepts valises volent en éclat. L’autonomie si elle est séduisante par nature , contrairement à la situation allemande, est de fait impossible à mettre en oeuvre sans proportionnelle. Or les Verts ou EELV n’ont jamais fait de cette condition un préalable ou une occasion de rupture dans leur négociation avec le Parti Socialiste. Comme si vivre sous la tutelle du PS tout en criant « autonomie, autonomie, autonmie » dans leur Congrès était suffisant . le dernier épisode en date l’a parfaitement illustrée avec la pantalonnade de la candidature «  autonome «  de Yannick Jadot.
    Le peuple de l’écologie est une fiction. Certes, les Amap, les jardins partagés, l’opposition aux grands projets inutiles ou au gaz de schiste sont des aspects de l’engagement écologiste. Mais quelle vision du monde commune y a-t-il entre celles et ceux qui se mobilisent ? On peut être raciste et respecter l’environnement, être ultra libéral et contre le nucléaire. Il peut y avoir des pratiques communes sans valeurs, principes et vision commune du projet de société à défendre.
    Quant à la majorité culturelle inventée par Alain Lipietz, le compte n’y est pas non plus. Si la doxa ambiante est plutôt à la banalisation de l’environnementalisme, qui peut dire que la majorité des habitants de ce pays serait devenu écologiste. Les français, s’ils étaient amenés à voter sur l’abandon du nucléaire sur la fin du diésel, sur l’arrêt total des subventions aux industries carbonées, sur le rapport au travail, se prononceraient ils en faveur d’un changement politique immédiat. On peut en douter.
    Dés lors avec la fin de la gauche plurielle, la faiblesse de ces mythes fondateurs de l’écologie à la française fait éclater la bulle écologiste d’une écologie rassemblée dans un même parti. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas se reconstituer comme l’a fait dans les années soixante dix, le Parti Socialiste. Mais si cette élection présidentielle doit être le coup d’envoi de ce nouveau cycle de l’écologie politique, il faut que les enjeux de ce débat soient au moins posés sur la table.
    De notre point de vue le vote pour Jean Luc Mélenchon, parce qu’il rompt radicalement avec la gauche plirielle inféodée à l’appareil du parti socialiste est le seul qui permet l’émergence d’une écologie sociale, populaire, de transformation. Cette écologie là est intersectionnelle : elle intègre les dimensions à travers les questions ethnique ou de genre, comme la justice environnementale ou l’éco féminisme. Elle s’appuie sur le commun, la coopération et le cosmopolitisme comme principes. L’écologie de libération peut être la matrice d’une nouvelle gauche libérée de ses pesanteurs si elle rompt avec la soumission aux idées reçues sur l’Europe, la question sociale et l’écologie réduite à l’environnementalisme.
    L’écologie n’est pas une marchandise à vendre au plus offrant. Si EELV s’est donné à Hamon pour quelques places illusoires, celles et ceux qui ont signé l’appel pour une écologie insoumise au libéralisme ont ouvert la voie à cette refondation. Ils doivent maintenant s’organiser dans et hors EELV pour peser dans la nouvelle phase du combat politique, celle du « Jour d’Après » la séquence électorale.

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