Programme et unité

Tribune publiée dans l’Humanité du 1er février sous le titre Une candidature commune est-elle encore possible ?

Valls est battu, tout le monde dans le salariat ne peut que s’en réjouir et s’en féliciter. Cela démontre et verifie ce que nous savions depuis des mois : Valls, Macron, Hollande, sont minoritaires à gauche.

Les lois Rebsamen, Macron, El Khomri, la déchéance de nationalité, tournaient le dos aux aspirations populaires, aux idéaux de justice sociale et démocratique de la gauche.

François Hollande n’avait pas été élu pour ça. Pourtant, dès le début du quinquennat, il céda en renonçant à renégocier le traite de Lisbonne. On connait la suite.

Désormais, que faire ?
Hamon, Mélenchon : une candidature commune est-elle possible ?
Certains avec sincérité et conviction vont y appeler, d’autres comme trop souvent vont jouer la comédie en faisant semblant, théâtre politique bien connu, joué mille fois.
Or, si nous voulons que l’unité ne soit pas un appel à ralliement -donc impossible- , des conditions sont nécessaires pour la mettre en œuvre réellement, effectivement.

Ce sont le programme, les mesures, qui créent l’unité : sans programme et accord sur celui-ci, elle n’est qu’un leurre. Force est de constater que ce n’est pas à trois mois d’échéances importantes qu’il est possible de rattraper beaucoup trop de temps perdu. Il y eut pendant ce quinquennat nombre d’occasions ratées par la gauche du Parti Socialiste qui auraient peut-être permis de pouvoir préparer 2017 de façon différente. Mais ne pleurons pas sur le lait renversé, la fin de l’histoire n’existe pas.

En l’état, les divergences avec Benoît Hamon sur tout ce qui concerne ses orientations sociales sont -constatons le- importantes. Si le revenu universel surfe habilement sur le constat que les politiques austéritaires des trois dernières décennies ont aggravé le chômage de masse et augmenté la précarité massive notamment dans la jeunesse, il n’est pas cependant pour nous la bonne réponse.

Vieille idée libérale remise au goût du jour dans les années 70 par Milton Fridman qui y voyait la solution « pour poursuivre l’accumulation du capital sans trop de difficultés ». Passons sur le fait qu’en France, en sont les partisans, Boutin, Lefèvre, Sorman, et des think thank ultra libéraux comme Gaspard Koening… Venons en au fond.

Le postulat de départ est la raréfaction du travail, même si cela est démenti par bon nombre d’économistes. Rappelons tout de même que face aux progrès technologiques, la réponse du mouvement ouvrier a toujours été la réduction du temps de travail. Plus fondamentalement, le revenu universel affaiblit le salariat, faudrait-il renoncer à lutter pour le plein emploi ?
Encore plus grave : qu’en serait-il à terme de la sécurité sociale qui, elle, rassemble et unit les travailleurs. Ne jetons pas la proie pour l’ombre, une conquête est une conquête. Bien sûr il faut améliorer nos systèmes de solidarité mis à mal par Sarkozy et Hollande
A défaut de ne pas faire moderne -mais ce n’est pas bien grave- aux politiques austéritaires les réponses à gauche doivent être : augmentation des salaires, et notamment du SMIC, retraite à 60 ans (Hamon est pour le maintien à 62), réduction du temps de travail 35 h effectives vers les 32 h, augmentation de tous les minima sociaux, y compris en instaurant une allocation de 1000 € versés à tous les jeunes entre 18 et 25 ans, sécurité sociale professionnelle, c’est à dire un socle de droits individuels garantis collectivement.

Les divergences à ce stade sont donc importantes. Peuvent-elles être dépassées par le débat ? Par les échanges ? L’avenir le dira. Les échéances électorales étant ce qu’elles sont, il serait vain de se montrer d’un optimisme béat.

La candidature de Jean-Luc Mélenchon soulève quant à elle, un problème différent. L’accord sur l’essentiel entre les forces du front de Gauche ont amené celles-ci à soutenir Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle.
Il serait dès lors incompréhensible pour les citoyennes et les citoyens que ces forces politiques ne puissent se présenter unies aux législatives un mois plus tard. Qui pourrait le comprendre ?
S’il advenait qu’il en soit autrement, cela affaiblirait notre candidat à la présidentielle et celui des uns et des autres aux élections législatives en juin.

Désormais le temps presse, aboutissons à des candidatures communes, partout dans la pays amplifions la dynamique du candidat Melenchon. C’est ce qu’attendent, nous le croyons, les classes populaires, pour reprendre espoir et confiance.

Patrick BRODY – Olivier DUPUIS
Syndicalistes et signataires de l’appel « Faisons Front commun »

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